Résultats spectaculaires dans la lutte contre le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique grâce au renforcement des capacités douanières

01 mars 2011

Résultats spectaculaires dans la lutte contre le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages en Afrique grâce au renforcement des capacités douanières

Bruxelles, le 1er mars 2011

Communiqué de presse

Plus de 100 saisies d’espèces de faune et de flore sauvages protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction (CITES) ont été effectuées au cours d’une opération transrégionale de deux semaines en janvier et février 2011, visant à lutter contre le commerce illicite transfrontalier des grands singes ainsi que d’autres espèces animales et végétales sauvages et de leurs produits dérivés.

L’augmentation de la criminalité liée à la faune et à la flore sauvage et la corruption qui y est associée préoccupent les gouvernements et la communauté internationale au plus haut point. Chargée au premier chef du contrôle des points de passage frontaliers, la douane joue un rôle prépondérant dans la lutte contre le crime transnational organisé, lié dans un grand nombre de cas à la contrebande d’espèces menacées d’extinction.

Cette récente initiative de lutte contre la fraude, coordonnée par l’Organisation mondiale des douanes (OMD), a été menée dans le cadre du projet GAPIN – de l’anglais Great Apes and Integrity, Grands Singes et éthique – financé par le gouvernement suédois et dont l’objectif est d’endiguer le commerce illicite des espèces sauvages protégées tout en combattant la corruption qui alimente ce trafic illégal.

L’Opération GAPIN a abouti à la saisie de plus de 22 tonnes et de 13 000 pièces de plus de 31 espèces de faune et de flore sauvages, dont un singe vivant (de l’espèce «Macaca sylvanus»), deux singes morts (viande de brousse de macaque), 295 pièces en ivoire (statues, bijoux, baguettes, etc.), 57 kg d’ivoire brut, quatre cornes de rhinocéros, 4 726 kg de viande de pangolin, 323 hippocampes et une peau de léopard.

D’autres produits ont été saisis au cours de l’opération et font encore l’objet d’une enquête approfondie afin de déterminer les catégories dans lesquelles il convient de les classer au titre de la Convention. Il s’agit de 5300 ailerons de requin, 12 056 coquillages, 11 250 kg de bèches de mer, 1 000 kg d’intestins d’anguille, et 50 kg de viande de brousse.

«L’Organisation mondiale des douanes et ses 177 administrations douanières membres sont plus que jamais engagées en faveur de la protection du patrimoine naturel à travers une lutte efficace contre la fraude aux frontières», a déclaré le Secrétaire général de l’OMD, M. Kunio Mikuriya. «Grâce à une politique de renforcement des capacités et de sensibilisation des douaniers sur le terrain concernant les dangers posés par la corruption, il a été possible aux douanes de renforcer les contrôles à l’exportation des espèces de faune et de flore sauvages et ainsi, de faire de cette importante opération transrégionale une véritable réussite», a-t-il ajouté.

Des saisies et/ou rétentions ont été effectuées au Kenya, au Mozambique, au Rwanda et en Afrique du Sud, quatre des quinze pays participant au projet GAPIN, ainsi que dans des pays en dehors de l’Afrique comme la Belgique, la Chine, la République tchèque, la France, Hong Kong, Israël, le Japon, les Pays-Bas, la Roumanie, l’Espagne, le Royaume-Uni et le Vietnam.

Préalablement à l’opération GAPIN, une session de formation spéciale et intensive d’une semaine avait été organisée à l’adresse des douaniers de terrain à Mombasa, au Kenya, en décembre 2010, afin de renforcer les capacités des agents des douanes à lutter plus efficacement contre la contrebande d’espèces animales et végétales sauvages et à identifier plus facilement les problèmes liés à l’éthique et à la corruption.

Certains des pays participant à la formation ont ensuite procédé à des interceptions importantes au cours de l’opération elle-même; par ailleurs, la Douane vietnamienne a saisi 1,2 tonnes d’ivoire en provenance de la Tanzanie via la Malaisie juste avant le début de l’opération.

«L’OMD poursuivra ses efforts afin de renforcer les capacités au sein des administrations Membres partout dans le monde et afin de protéger au mieux la faune et la flore menacées d’extinction, à travers une lutte énergique et efficace contre la fraude aux frontières en coopération avec ses partenaires mondiaux, régionaux et nationaux», a a déclaré le secrétaire général, M. Mikuriya.

Au total, 14 pays africains ont participé à l’opération, avec le soutien de 25 autres pays d’Asie et d’Europe ainsi que du secrétariat de la CITES, des Bureaux Régionaux de Liaison chargés du Renseignement, du Réseau ANASE de lutte contre la fraude en matière d’espèces sauvages, de l’Equipe spéciale de l’Accord de Lusaka, de la Pan African Sanctuary Alliance, des organes nationaux de gestion de la CITES, des agences de lutte contre la fraude liée aux espèces sauvages et, dans certains pays, des forces de police.

Au vu des profits engrangés, il est estimé que le commerce illicite des espèces animales et végétales sauvages constitue l’activité délictuelle la plus importante après le trafic de stupéfiants. Presque toutes les populations de grands singes continuent de décroître à une vitesse alarmante et sont sérieusement menacées comme conséquence de la chasse et de l’exportation illégale de ces animaux vers des pays tiers. A titre d’exemple, la population de chimpanzés en Afrique de l’Ouest a diminué de 75% au cours des 30 dernières années!

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