Le Programme de contrôle des conteneurs de l'ONUDC-OMD a permis la saisie de plus de 300 tonnes de cocaïne à travers le monde

18 juillet 2019

Chaque année, plus de 750 millions de conteneurs maritimes, transportant 90 % des marchandises mondiales échangées au-delà des frontières, sont acheminés par mer. Si la plupart des transactions sont légales, il arrive que certains conteneurs soient utilisés pour la contrebande de drogues, d'armes et d'autres marchandises illicites.

Pour contrer les menaces posées par la criminalité organisée, l'ONUDC et l’OMD ont cherché à améliorer les capacités des douanes et des autres services répressifs en lançant le Programme de contrôle des conteneurs (PCC).  L’un des objectifs du programme est de permettre aux agents de mieux détecter les transactions à risque et d’empêcher la circulation des marchandises illicites, tout en facilitant le commerce légal et en favorisant l'augmentation des revenus des Etats.

Lancé en 2004, le PCC a récemment dépassé le seuil des 300 tonnes de cocaïne saisies. C’est l'Unité de contrôle portuaire (UCP) de Santos, au Brésil, qui a réalisé la saisie la plus récente en mettant la main sur pas moins de 523 kg de cocaïne découverts dans un chargement de jus d'orange congelé à destination de l'Europe. En 2019, les saisies de cocaïne réalisées par les différentes UCP s’élèvent déjà à plus de 30 tonnes.

Les agents travaillant dans ces UCP ont reçu diverses formations pratiques afin d’identifier et d’inspecter les conteneurs à haut risque et lient leur succès au soutien et à la formation qu’ils ont reçus.

John Brandolino, Directeur de la division des traités à l'ONUDC, a souligné combien « le dépassement du seuil des 300 tonnes illustre l’importance du travail réalisé en termes de sécurisation de la chaîne logistique internationale, chaîne qui est essentielle à de nombreuses économies.»

Commentant lui aussi les résultats du programme, Tofik Murshudlu, Chef de la Section de l'appui à l'exécution de l'ONUDC, a déclaré que « cette réussite témoigne de l'efficacité du programme. Le PCC aide les États à développer leurs capacités d’action et leur expertise afin d’identifier les cargaisons pouvant contenir des marchandises prohibées, que ce soit les drogues, les armes à feu, les précurseurs de drogues, les faux médicaments, les espèces sauvages, les contrefaçons et beaucoup d'autres types de marchandises."

Ana Hinojosa, Directrice de la Direction contrôle et facilitation de l’OMD, attribue le succès du PCC à la qualité de la formation qui permet de répondre aux besoins pratiques des agents dans la lutte contre le commerce illicite et qui prend en compte la nécessiter de maintenir l’équilibre délicat entre contrôle et facilitation du commerce.

Le PCC célèbre son 15e anniversaire cette année. Le programme vise à renforcer les capacités des pays cherchant à améliorer leur gestion des risques, la sécurité de leurs chaînes d'approvisionnement ainsi qu'à faciliter les échanges maritimes, terrestres et aériens. Sont proposés des formations, un suivi régulier des équipes, des visites sur sites, et un programme de mentorat. Enfin, un comité de pilotage réunit régulièrement les participants et un dialogue avec des acteurs partenaires clés a été mis en place.

Ces efforts ont abouti à la saisie d'un large éventail de produits interdits, tels que des armes, des produits de la pêche, des produits végétaux et de la faune sauvage circulant en infractions aux règles environnementales, des stupéfiants, des biens stratégiques, des faux médicaments ou des médicaments non autorisés, des précurseurs de drogues, des armes, des cigarettes et des marchandises en infraction au droit de la propriété intellectuelle.

Actuellement, le PCC est opérationnel dans 51 pays et a démarré des activités dans 10 autres pays. Plus de 90 Unités de contrôle portuaire (UCP) et Unités de contrôle du fret aérien (ACCU) ont été mises en place depuis la création du programme en 2004.

Le PCC n’aurait pu voir le jour sans la contribution financière de certains pays, dont l'Afrique du Sud, l'Allemagne, l'Australie, le Canada, le Danemark, la Commission européenne, l'Espagne, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni. En outre, certains pays ont contribué au programme en mettant à disposition leurs experts ou autres ressources non financières, comme le Bangladesh, la Belgique, la Bulgarie, la Finlande, le Cambodge, la Géorgie, Israël, la Jordanie, le Kenya, le Pakistan, le Pérou, la Pologne, le Portugal, la Thaïlande, la Tunisie, le Royaume-Uni, le Vietnam et l'Ouganda.

Parmi les principales saisies de cocaïne effectuées depuis la création du programme, on peut citer :

  • Brésil, UCP Santos : 1 t (novembre 2017), 1,1 t (mars 2018), 1,2 t (août 2018), 1,3 t (août 2018), 1,1 t (septembre 2018), 1,7 t (mars 2019) ;
  • Colombie, UCP Buenaventura : 1,5 t (mars 2019) ;
  • Colombie, UCP Carthagène : 1,2 t (février 2019) ;
  • Colombie, UCP Santa Marta : 2,2 t (avril 2019) ;
  • Équateur, UCP Guayaquil : 3,6 t (février 2012), 4,4 t (août 2013), 4,3 t (août 2013), 3,3 t (mars 2015), 3,6 t (mai 2015), 2,5 t (novembre 2016), 2,4 t (février 2017), 2,4 t (juin 2017) ;
  • Panama, UCP Colon : 1 t (août 2018), 1,2 t (octobre 2018), 1,5 t (mai 2019) ;
  • Panama, UCP PSA Panama International : 1,2 t (avril 2019) ;
  • Pérou, UPC Callao : 1,4 t (mars 2017), 1,5 t (mars 2018), 2,2 t (avril 2019) ;
  • Suriname, PCU Paramaribo : 1,7 t (juillet 2017), 2,3 t (janvier 2019).