À l’occasion de la troisième Conférence de l’ONU sur les pays en développement sans littoral (PDSL) à Awaza, au Turkménistan, l'Organisation mondiale des douanes (OMD) a réaffirmé le rôle central que jouent les douanes dans la promotion du commerce et de la connectivité des pays enclavés. Organisées par les Nations Unies, les Conférences sur les PDSL ont pour but d’aborder les défis uniques auxquels sont confrontés les 32 pays en développement dans le monde qui n’ont pas accès à une mer ouverte.
Le Secrétaire général de l’OMD, Ian Saunders, a pris part à plusieurs discussions en tables rondes durant la Conférence et s’est entretenu avec divers responsables de l’ONU et des douanes.
L’OMD a 32 pays en développement sans littoral parmi ses 186 Membres et le Secrétaire général de l’OMD a profité de cette troisième édition de la Conférence pour plaider en faveur de régimes douaniers harmonisés et efficaces en tant que fondement pour l'intégration économique et la croissance durable des PDSL. Ces derniers doivent supporter des frais liés au commerce qui sont près de 30 % plus élevés que les pays ayant accès à une mer ouverte, cette disparité étant directement liée à la nécessité pour leurs cargaisons de passer plusieurs frontières terrestres, au sous-développement de leurs infrastructures et à l'incohérence des procédures de dédouanement. L’OMD s’efforce d’apporter aux PDSL un appui technique aussi complet que possible : rien qu'en 2024, 133 activités de renforcement des capacités ont été organisées sur la modernisation douanière, la gestion coordonnée des frontières et la transformation numérique, dont plus de 75 % ont été adaptées au contexte national spécifique des bénéficiaires.
Partager un message d'engagement ferme et de partenariats soutenus
Dans son allocution devant le Forum du secteur privé de la Conférence, le Secrétaire général Saunders a souligné que, s’il ne fait aucun doute que des infrastructures de transport modernes sont essentielles, elles doivent toutefois s’accompagner de politiques cohérentes, de processus normalisés, d'investissements dans les capacités et d'outils numériques. Il a insisté sur l'importance de tirer parti des normes et pratiques reconnues telles que la Convention de Kyoto révisée, le Modèle de données de l'OMD et les Directives sur le transit, qui contribuent tous à garantir une gestion efficace des flux commerciaux.
Prenant la parole lors de la table ronde à haut niveau sur le thème « Exploiter le potentiel transformateur du commerce, de la facilitation des échanges et de l'intégration régionale », M. Saunders a par ailleurs souligné que les douanes, qui sont au cœur de toutes les transactions transfrontalières, sont des moteurs de connectivité plutôt que de simples gardes techniques aux frontières. Il a lancé à un appel en faveur de la numérisation, de l'intégration régionale et de l’établissement de partenariats solides en vue d’aider les PDSL à transformer leurs contraintes géographiques en perspectives commerciales. Durant son intervention, il a notamment expliqué comment des solutions coordonnées et fondées sur la technologie peuvent réduire considérablement les temps de transit et améliorer la sécurité de la chaîne logistique, citant des exemples concrets tels que le système SIGMAT en Afrique de l'Ouest et le système régional de suivi électronique des cargaisons en Afrique de l’Est.
Le Secrétaire général de l'OMD a également animé une table ronde sur l'approfondissement de l'intégration régionale par le biais de la facilitation des échanges lors de la Réunion ministérielle sur la coopération Sud-Sud. Pour planter le décor de la session, M. Saunders a insisté sur le fait qu'aucun PDSL ne peut surmonter ses défis dans l’isolement et que la coopération Sud-Sud est un mécanisme puissant d'apprentissage entre les pairs, permettant de définir des solutions pratiques aux goulets d'étranglement et aux inefficacités constatés aux frontières. Il a indiqué que, pour que l'intégration régionale contribue concrètement à réduire les coûts liés au commerce, à améliorer la compétitivité des exportations et à ouvrir la voie au développement durable, les pays doivent impérativement s'attaquer de front aux problèmes liés à l'administration des frontières.
Réunions bilatérales et visite du port de Turkmenbashi
Le Secrétaire général Saunders a par ailleurs rencontré Maksat Hudaykulyyev, Président du Service national des recettes fiscales du Turkménistan, avec qui il s’est entretenu sur la question du renforcement de la coopération douane-douane et sur les possibilités pour la Douane turkmène d’appliquer les outils de l'OMD au niveau national. Une visite au port de Turkmenbashi, plaque tournante importante de transit reliant l'ouest de la Chine, l'Asie centrale et l'Europe, lui a aussi permis d'avoir une vue d'ensemble des opérations douanières pour les différents modes de transport.
Tout au long de la semaine, l'OMD s’est efforcée de montrer que la réforme douanière est un puissant catalyseur de potentialités économiques. L'expertise technique, les outils opérationnels et le pouvoir de mobilisation de l'OMD en font un partenaire incontournable des PDSL qui souhaitent revoir leurs réglementations et leurs processus, s'aligner sur les normes internationales et mettre en place l'infrastructure numérique et institutionnelle nécessaire à un commerce prévisible et rentable.
Alors que le Programme d'action d'Awaza 2024-2034 est en cours de mise en œuvre, l'OMD est prête à continuer de travailler avec les PDSL, ainsi qu’avec leurs partenaires de transit et la communauté internationale au sens large, afin de garantir que leur situation d’enclavement ne les prive pas de perspectives à l'échelle mondiale.