- Le Rapport annuel de l’OMD sur les trafics illicites pour 2025 (RTI 2025) synthétise les résultats des opérations douanières et des actions de lutte contre la fraude menées à travers le monde.
- L’essor du commerce électronique en tant que canal majeur des trafics illicites représentant près de 50 % de l’ensemble des cas rapportés dans le RTI à l’échelle mondiale.
- Plus de 60 % des cas signalés concernant des marchandises contrefaites, des produits médicaux contrefaits et du cannabis ont été détectés grâce aux systèmes de livraison postale et de colis.
- Une forte augmentation du trafic de fentanyl et de nouvelles substances psychoactives (NSP) via les canaux du commerce électronique a été observée, les saisies de NSP rapportées ayant doublé par rapport à 2024.
Le Rapport sur les trafics illicites (RTI) transforme les données de première ligne relatives à la lutte contre la fraude en renseignements stratégiques, sur la base des données tirées de 163 850 cas rapportés par 170 administrations des douanes. Le RTI 2025 met en évidence l’évolution de la dynamique, les tendances émergentes et l’impact considérable des trafics illicites observés à travers les activités de lutte contre la fraude des Membres de l’OMD. Les données recueillies reflètent les saisies signalées et partagées par les Membres de l’OMD via le Réseau douanier de lutte contre la fraude (CEN) ainsi que celles rapportées lors des opérations de l’OMD. Les principaux résultats de l’édition 2025, classés selon six domaines stratégiques de lutte contre la fraude, portent sur :
- La lutte contre le blanchiment de fonds et le financement du terrorisme : 10 538 cas et 12 261 saisies ont été rapportés par 87 administrations. Les mouvements illicites d’argent liquide ont largement prédominé, avec 95,5 % des saisies, suivis par le trafic d’or (4,2 %) et de pierres précieuses (0,3 %).
- Les stupéfiants : 67 757 cas ont été signalés par 146 administrations. Les saisies comprenaient du cannabis (548,8 tonnes), des substances psychotropes (186,8 tonnes), de la cocaïne (400,1 tonnes) ainsi que des opioïdes et des opiacés (24,3 tonnes).
- La criminalité environnementale : 4 803 saisies de marchandises sensibles sur le plan environnemental ont été enregistrées, en ce compris des déchets, de l’ivoire, des espèces sauvages et des plantes, rapportées par 123 administrations.
- Les droits de propriété intellectuelle (DPI), la santé et la sécurité : 42 026 cas et 82 596 saisies rapportés par 110 administrations. Les produits DPI ont prédominé, avec 35 759 cas (85,1 %) et 74 389 saisies, les produits médicaux représentant 6 267 cas (14,9 %) et 8 207 saisies.
- Les recettes :34 236 cas et 40 744 saisies rapportés par 120 administrations. Le tabac représente 92,2 % des cas (31 571), auxquels s’ajoutent 674 tonnes de cigarettes électroniques saisies.
- La sécurité : le trafic d’armes a représenté 86,9 % des cas de sécurité, parallèlement à de nouveaux flux concernant des explosifs et des systèmes aériens sans pilote qui ont totalisé 653 cas.
Le Secrétaire général de l’OMD, Ian Saunders, a déclaré : « Les trafics illicites gagnent en ampleur, en sophistication et en portée, tout en menaçant les économies, la sécurité publique et les chaînes logistiques mondiales. Le Rapport de l’OMD sur les trafic illicites 2025 souligne l’importance cruciale de l’échange de renseignements, de l’analyse fondée sur les données et du profilage des risques pour identifier les menaces émergentes. L’utilisation abusive croissante du commerce électronique et des réseaux postaux et de messagerie par les acteurs criminels témoigne d’un changement fondamental dans la manière dont les marchandises illicites sont distribuées – une transformation qui exige des administrations des douanes des réactions agiles, fondées sur le renseignement et tournées vers l’avenir. »
Le fentanyl et les drogues de synthèse changent la donne en matière de saisies
Les saisies de fentanyl ont représenté 30,6 % des saisies d’opioïdes (772) en 2025, avec des implications importantes en matière de lutte contre la fraude. Les envois de fentanyl sont ainsi plus petits, plus puissants et plus difficiles à détecter sur la seule base du poids. Le fentanyl peut atteindre des doses mortelles mesurables en microgrammes. Les méthodes de ciblage, de profilage et de détection utilisées pour les envois de drogues en vrac, telles que la cocaïne et l’héroïne, doivent être adaptées à des saisies de poids plus limités mais susceptibles de nuire davantage à la santé publique.
Le trafic de fentanyl et de nouvelles substances psychoactives (NPS) passe de plus en plus par le biais des canaux du commerce électronique. Les saisies de NPS ont doublé par rapport à 2024, pour atteindre 7 721 cas, la majorité d’entre elles ayant été envoyées par courrier postal ou par transporteur étant donné la taille et le poids des colis. Elles représentaient 70,2 % des cas de transport par courrier postal ordinaire, 78,9 % des saisies de substances dissimulées dans du courrier postal, 49,2 % des cas dans les centres de courrier postal et 81,9 % des cas liés au commerce électronique, soit la proportion la plus élevées parmi toutes les catégories de drogues. La lutte contre la fraude en matière de NPS nécessite des outils de profilage des risques postaux, des partenariats avec les opérateurs postaux et des données électroniques préalables fournies par les expéditeurs, plutôt que de se limiter aux seules équipes d’interception des stupéfiants dans les aéroports.
Les envois liés au commerce électronique exigent toute l’attention de la douane
Le commerce électronique représente désormais 44,8 % de l’ensemble des cas repris dans le RTI à l’échelle mondiale, ce qui en fait un canal logistique majeur pour tous les types de trafics illicites. Les systèmes de livraison de colis et de courrier postal sont utilisés pour l’envoi de marchandises contrefaites (68,2 % des cas) et de produits médicaux contrefaits (65,1 %). Les administrations des douanes ayant rapporté des cas et des saisies ont détecté 62,6 % de cas de cannabis par le biais de ces canaux, 23,9 % de cas de criminalité environnementale et 23,6 % de cas de sécurité, en ce compris des armes à feu, des drones soumis à restriction et des équipements tactiques.
Le nouveau défi posé par les drones en matière de lutte contre la fraude
Les systèmes aériens sans pilote ont représenté 11,9 % des cas de sécurité (653 cas) en 2025. La détection et la saisie de drones ont mis en évidence les défis qui concerne à la fois le respect de la réglementation (fréquence, altitude et portée autorisées) et les risques pour la sécurité (systèmes modifiés ou répondant à des spécifications militaires). Les systèmes aériens sans pilote doivent être considérés par la douane et les services répressifs comme un nouveau domaine spécifique du contrôle de la sécurité, nécessitant des connaissances techniques et une évaluation spécialisée afin de prévenir la distribution illicite de ces marchandises particulièrement dangereuses.
Le profilage des risques et l’utilisation des outils de l’OMD portent leurs fruits
Le profilage des risques s’est révélé être l’outil de détection le plus efficace : selon le Rapport sur les trafics illicites, 84 % des cas relatifs aux DPI, 79,6 % des détections d’armes et 65 % des cas liés aux espèces sauvages et aux forêts résultaient d’un ciblage et d’un profilage des risques proactifs de la part des administrations des douanes. L’échange de renseignements et d’informations permet aux administrations des douanes d’adapter les profils de risque aux tendances émergentes, plutôt que de s’appuyer uniquement sur les vérifications de routine pour intercepter des trafics illicites. Pour les détections dans le cadre de la lutte anti-drogue, le profilage des risques constitue également l’indicateur le plus performant. Le ciblage systématique fondé sur les indicateurs de risque reposant sur les données constitue un outil essentiel dans la lutte contre la criminalité organisée.
Le Réseau douanier de lutte contre la fraude (CEN) permet aux Membres de l’OMD d’échanger des renseignements et des informations, leur donnant ainsi les moyens d’analyser les données, d’élaborer des indicateurs de risque précis, d’identifier des tendances significatives et de mettre au point des stratégies solides en matière de lutte contre la fraude. Il s’agit d’un outil indispensable pour la coopération douanière et le partage d’informations.
Transformer les données en action collective
Chaque jour, les administrations des douanes sont en première ligne dans la lutte contre les trafics illicites, interceptant des marchandises protégées, dangereuses et illégales avant qu’elles ne puissent nuire aux personnes, à la santé publique et à l’environnement. Les conclusions du RTI 2025 soulignent le rôle essentiel de la douane dans la protection de la société et révèlent la complexité croissante du paysage des menaces.
Le RTI met en évidence non seulement la complexité accrue du paysage des menaces, mais également les résultats concrets qui peuvent être obtenus grâce à l’action collective. En renforçant les partenariats, en partageant les renseignements via le CEN et en coordonnant les efforts de lutte contre la fraude, les administrations des douanes du monde entier améliorent leur capacité à protéger les communautés et à faciliter les échanges commerciaux légitimes.
À l’avenir, une collaboration soutenue sera essentielle pour garder une longueur d’avance sur les menaces émergentes. Grâce à son soutien continu, à ses initiatives de renforcement des capacités et à ses plateformes mondiales de partage des informations, l’Organisation mondiale des douanes (OMD) demeure résolument engagée à donner à ses Membres les moyens d’agir et à promouvoir une réponse unifiée face aux trafics illicites. Ensemble, les administrations des douanes, les services de lutte contre la fraude, les organisations internationales et le secteur privé continueront à jouer un rôle indispensable dans la protection de la société, le renforcement de la sécurité mondiale et la garantie de l’intégrité du commerce international.
Données communiquées par les administrations des douanes
L’édition 2025 s’appuie sur les données relatives aux saisies liées à des infractions enregistrées au cours de l’année de référence 2025 et décrit les modèles des trafics illicites enregistrés par le CEN au 31 mars 2026. Ces chiffres ne constituent pas une mesure exhaustive des trafics illicites mondiaux. Au total, 163 850 cas ont été rapportés au CEN en 2025, dont 60 par des administrations non membres.