Le rythme de la croissance économique en Afrique et ses ambitions en matière d’intégration exigent que les marchandises circulent en toute sécurité à travers le continent et dans le monde entier. La croissance est tirée par le commerce ; la stabilité du commerce repose sur la douane. Dans un monde où le commerce et les risques ne cessent de s’intensifier, le rôle de la douane n’a jamais été aussi crucial.
Lorsque les administrations douanières sont bien équipées, connectées et préparées, les sociétés qu’elles protègent en sont d’autant plus sûres. Cependant, le travail accompli par les fonctionnaires des douanes passe largement inaperçu et est rarement reconnu. Située au carrefour du commerce mondial et du commerce illicite, la douane joue un rôle fondamental pour protéger les vies et préserver les moyens de subsistance. L’impact de la douane ne se mesure pas à sa visibilité, mais à sa discrétion : elle permet d’éviter les dangers, de protéger les systèmes et de préserver la stabilité. Dans un monde où l’exploitation du commerce ne cesse de prendre de l’ampleur, son rôle n’a jamais été aussi indispensable. Chaque interception effectuée par la douane évite un préjudice auquel la société n’aura jamais à faire face.
La vigilance exercée par la douane est particulièrement efficace lorsqu’elle est assurée par un grand nombre d’acteurs, tant au niveau national, régional qu’international. Ce mois-ci, l’Organisation mondiale des douanes (OMD) et les administrations douanières des pays d’Afrique subsaharienne se retrouveront lors de deux réunions organisées respectivement en Tanzanie et en Sierra Leone afin de faire progresser leurs priorités communes et de renforcer leur rôle collectif en matière de protection de la société.
La coopération régionale entre les administrations douanières, avec le soutien de l’OMD, est au cœur de cette initiative. Lorsque les douanes collaborent entre elles, elles sont plus fortes et plus efficaces, ce qui se traduit par des avantages tangibles pour la société : saisies de drogues illicites, d’armes et de produits chimiques appauvrissant la couche d'ozone, mise hors circulation de médicaments contrefaits et lutte contre les flux financiers illicites.
Renforcement continu des capacités et innovation
Depuis la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’OMD soutient sa mise en œuvre en établissant des normes internationales et en veillant à ce que les administrations douanières disposent des outils nécessaires pour faciliter les échanges
commerciaux et garantir des chaînes logistiques sûres, sécurisées et résilientes. En mettant en commun les meilleures pratiques et les innovations, nous pouvons, ensemble, améliorer notre efficacité et contribuer à concrétiser les retombées économiques et les avantages pratiques attendus de cet accord commercial. Le Programme UE-OMD sur les règles d’origine en Afrique illustre bien ces efforts, puisqu’il a permis d’élaborer des directives destinées à aider le secteur privé à mettre en œuvre concrètement la ZLECAf.
L’OMD s’efforce sans relâche d’améliorer l’efficacité des procédures douanières sur le terrain en formant les fonctionnaires des douanes, en développant l’expertise grâce au mentorat et au Programme de Maîtres Formateurs, et en veillant à une utilisation efficace des plateformes technologiques aux fins de l’échange d’informations et du renseignement.
Au cours des derniers mois, par exemple, les experts de l’OMD ont renforcé les capacités et apporté une assistance technique aux 13 premiers Maîtres formateurs en renseignement géospatial (GEOINT) d’Afrique de l’Ouest, tout en élaborant les tout premiers outils de formation GEOINT destinés aux administrations douanières. Ces Maîtres formateurs accompagnent désormais la formation de 14 fonctionnaires des douanes issus de toute l’Afrique orientale et australe.
La participation aux opérations menées sous l’égide de l’OMD nous a permis de constater un renforcement des capacités de lutte contre la fraude. Au cours de l’Opération DEMETER XI, par exemple, l’Administration fiscale de la Gambie a saisi un volume important de déchets illicites destinés à diverses communautés de la région. Lors de l’Opération STINGRAY, l’Administration des douanes de l’Angola a repéré un chargement suspect d’iridium 192 (une substance hautement radioactive) à destination d’un autre pays.
Au début de cette année, au Kenya, l’OMD a dispensé à cinq de ses Membres une formation en matière de sensibilisation à la détection des rayonnements afin de renforcer les capacités des fonctionnaires à détecter les menaces nucléaires et à y faire face, en mettant l’accent sur les risques liés à la contrebande, les types de matières concernées et les méthodes de dissimulation. Le développement continu des capacités permet à la douane de suivre le rythme et de s’adapter à l’évolution des méthodes du crime organisé et aux risques émergents.
Bien que différents par leur teneur et leur portée, ces exemples ont tous un point commun : ils montrent que l’OMD encourage la mise en œuvre de mesures concrètes visant à faciliter le commerce légitime et à lutter contre la criminalité transfrontalière, dans le but de soutenir les ambitions de l’Afrique.
Engagement et vigilance
L’OMD est résolument déterminée à collaborer avec tous ses partenaires pour lutter contre le commerce illicite et garantir l’intégrité de la chaîne logistique. Nous avons choisi comme thème pour 2026 « Une douane qui protège la société par sa vigilance et son engagement »
afin de souligner, tant auprès du public que de la communauté commerciale mondiale, que la vigilance quotidienne de la douane et son engagement à endiguer les menaces en constante évolution aux frontières sont essentiels à la prospérité économique et sociale, tant en Afrique que dans le reste du monde.
En tant que Secrétaire général de l’OMD, l’un de mes objectifs est de mieux faire connaître le rôle essentiel de la douane. Au-delà du recouvrement des recettes, la douane veille à la sûreté, à la sécurité et au bien-être de nos sociétés, jour après jour.